Suite à des présomptions d'ingérence politiques dans le football kenyan, la FIFA a informé la CAF par une lettre du 12 avril dernier qu'elle pourrait revenir sur la levée de la suspension qui a frappé le kenya d'octobre à mars.
Cette menace est intervenue après que le gouvernement kenyan eut annoncé des mesures destinées à nommer un "Comité de Vigilance" pour diriger la Fédération Kenyane de Football (KFF). "C'est tout simplement incroyable", écrit Jérôme CHAMPAGNE, le délégué de la FIFA pour les affaires spéciales. Le 12 avril une autorité kenyane confirmait qu'un "Comité de Vigilance" était sur le point de voir le jour pour assurer l'intérim de la Fédération jusqu'à ce que la date de l'assemblée générale soit arrêtée. Peter OCHIEL, le responsable de ce Comité, a déclaré: "Nous avons commencé à diriger le football et nous allons faire connaître notre programme bientôt."
Las d'attendre que le gouvernement kenyan tienne ses promesses, Sepp BLATTER est sorti de ses gonds il y a quelques jours: "Une fois de plus une structure gouvernementale intervient dans les affaires du football, en dépit de toutes ses déclarations", a-t-il protesté, avant de lancer aux autorités kenyanes un avertissement clair: "Si le gouvernement ne cesse pas de s'ingérer dans le football, le Congrès prendra une décision. C'est un appel que nous lançons au Kenya et à son gouvernement: laissez les joueurs jouer!"
C'est déjà une affaire d'ingérence du pouvoir politique dans la gestion du football, ajoutée au refus de sa part de répondre favorablement à la demande récurrente de la FIFA d'unifier le championnat national que cette dernière avait suspendu le Kenya de toutes les compétitions internationales pour une durée indéterminée en octobre. Cette suspension a été levée en mars, lorsque le gouvernement kenyan s'est engagé à respecter les accords en 28 points signés avec la FIFA au Caire, notamment la dissolution du Comité National de Normalisation que le ministre des Sports avait mis en place.
Faisant fi de ces accords, deux clubs de première division ont continué de contester leur relégation devant les tribunaux locaux. "Toute cette confusion est entretenue juste pour sauver deux clubs et pour empêcher tout effort de reconstruction du football kenyan, a déclaré J. CHAMPAGNE. Je me demande s'ils apprendront jamais quelque chose." Autant de faits et de délarations qui ont fait bondir BLATTER, qui a donc annoncé que le prochain Congrès de la FIFA des 30 et 31 mai prochains pourrait sanctionner de nouveau le Kenya. "Au Kenya le football est pris en otage par les politiciens. Les joueurs méritent plus de respect.", a-t-il asséné.
Samuel MBAJUM
(Source: BBC Sport et RFI)
21/05/2007 |